
(Photo D. Van Achter)
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Pour sa dernière émission de la saison, interMédias avait donc choisi de faire le point sur la situation et les projets de la RTBF. Présents sur le plateau pour répondre aux questions des journalistes, des télespectateurs et internautes : l'administrateur de la RTBF, Jean-Paul Philippot, et plusieurs membres de la hierarchie.
La question qui agite les télévisions de service public, aux quatre coins du continent européen, en ce moment, c’est la suppression de la publicité. Les Français l’ont bannie, après vingt heures. Les Espagnols s’apprêtent à leur emboîter le pas, à l’automne. Mais il faut avouer que les professionnels maîtrisent difficilement les données chiffrées de ce débat. C’est l’objet d’un premier reportage de l’émission interMédias ce lundi.
Dans l’hexagone, la fin des réclames sur le service public en soirée avait été dénoncée par ses opposants comme une manœuvre du président Sarkozy pour gonfler les recettes de "ses amis" de TF1. Les premiers chiffres montrent le contraire : les dépenses de communication ne se sont pas reportées sur la principale chaîne généraliste privée, mais vers des supports beaucoup plus ciblés (TNT, chaînes cryptées etc)
A tel point qu’en Espagne, où le gouvernement Zapatero a décrété la fin de la publicité sur le service public télévisé dès l’automne prochain, des voix s’élèvent : cette argent dont TVE va être privé pourrait bien se détourner totalement du petit écran.
Et chez nous ? Selon l’administrateur général Jean-Paul Philippot, la RTBF
n’a pas la publicité dans ses gènes, et, en théorie, il ne se dit pas opposé à des mesures de suppression ou de contingentement. Mais à la condition que le financement soit assuré. La RTBF tire une soixantaine de millions de la publicité. Si elle est supprimée, il faut trouver un niveau de ressources équivalent. Et c’est au législateur à poser ce genre de choix….La VRT, certes, paraît facilement se passer de publicités, mais outre sa dotation déjà supérieure à celle de la RTBF ( plus de 100 millions par an soit quelque 300.000€ par soirée) , ses parrainages lui assurent des moyens financiers très confortables.
Les journaux télévisés vont-ils survivre à Internet ? C’est la question posée par le deuxième reportage. Le public se tourne de plus en plus vers des outils de communication de plus en plus rapides, les chaînes généralistes peinent à conserver leur public. Pour enrayer ce phénomène, à France 2 mais aussi la VRT, les responsables misent une plus value pédagogique en clair, la ligne éditoriale privilégie l’explication. Du côté de la RTBF, c’est plutôt une sorte de nouveau contrat avec le téléspectateur qui est mis en avant : la crédibilité des journalistes connus et reconnus doit fidéliser l’audience.
La troisième et dernière séquence passe revue les derniers développement de la communication en ligne : le site Daylimotion qui n’hésite pas à se lancer dans les séquences d’actualité ; le site Rue89 qui prétend soigner la crise économique et déontologique de la presse par l’interactivité ; les télévisions traditionnelles qui lancent des versions en ligne des jeux à succès comme Questions pour un champion ; ou encore la RTBF qui multiplient ces radios non pas par diffusion hertzienne mais via web à l’instar de "Ctop" pour les internautes préados ….
Mais au-delà, l’essentiel de l’émission, c’est un jeu de questions et de réponses entre des téléspectateurs, auditeurs, ou internautes, journalistes de presse écrite, et divers responsables de la RTBF.
La "censure" de Questions à la Une ( pour reprendre le terme utilisé par plusieurs journaux) a été évoquée. Jean-Paul Philippot dit assumer la décision de ne pas diffuser les images du président du parti socialiste quittant, fort énervé, le plateau du JT, au lendemain des élections. Le cas peut poser problème. Le dossier n’est d’ailleurs pas clos. Le comité permanent a décidé de soumettre le cas, pour avis, à la commission de déontologie, et, par ailleurs, la société des journalistes mène actuellement une réflexion à ce sujet.
Interrogé à propos de déprogrammations de séries, feuilletons ou émissions, principalement sur la Deux, l’administrateur général parle d’une pratique discourtoise, qu’il conviendrait de limiter plus encore. Les avancées technologiques qui se profilent pour les prochains mois devraient cependant permettre, par des solutions numériques, à l’image du bouton rouge des boîtiers Télénet en Flandre, d’améliorer les choses. Ces mêmes technologies devraient d’ailleurs également résoudre le dilemme du doublage contre sous-titrage, y compris pour les programmes d’information.
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